La légende de la Vallée (FR/DE)

  Die Legende des Vallée de Joux 

   

Les elfes et fées du lac de Joux... 

  

Die Elfen und Feen des Lac de Joux

 

L'idée des féeries est née de cette légende,oubliée de tous les combiers sauf de quelques anciens. Cette histoire issue de la tradition orale des contes, fait partie de l'identité. Nous vous la livrons telle que Huguette Chausson l'a transcrite en 1955.  

Die Idée der „Féerie“ ist aus dieser Legende enstanden, vergessen von allen „Combiers“, wie man die Einwohner dieses Tales nennt, bis auf einige sehr alte… Die Geschichte wurde aus der mündlichen Tradition der Märchen überliefert. Wir erzählen sie so, wie Huguette Ch. sie im Jahre 1955 aufgeschrieben hat.

 

  

"Au temps jadis, alors que dans toutes les régions de notre pays, les hommes œuvraient et défrichaient, elfes et fées s'étaient réfugiés en un lieu qu'ils avaient rendu inaccessible. C'était une haute vallée entourée d'une ceinture de montagnes hérissées de forêts enchevêtrées. Là, dans un décor charmant, un lac ravissant clapotait, tandis que, sur ses rives, fleurissait un éternel printemps.

Il y croissait les fleurs les plus délicates, aux couleurs irisées. Les elfes, tout menus et gracieux, voltigeaient d'une corolle à l'autre, en compagnie de papillons bigarrés. Les fées, aux longues robes diaprées, dansaient sur l'eau les soirs de clair de lune, au son d'une musique harmonieuse et légère. Flora lyse, la reine des fées, régnait sur ce domaine enchanté.

   Vor langer Zeit, als in allen Regionen unseres Landes die Männer arbeiteten und das Land erforschten, hatten sich die Elfen und Feen an einen unzugänglichen Ort zurückgezogen. Es war ein hochgelegenens Tal, eingebettet zwischen Bergen mit tiefen Wäldern. Dort, in einer charmanten Umgebung, plätscherte das Wasser in einen glasklaren See an dessen Ufern ewiger Frühling herrschte. Hier wuchsen die seltensten Blumen in allen Regenbogenfarben!

Die graziösen Elfen flogen von einer Blüte zur anderen, von bunten Schmetterlingen begleitet. Die Feen, in lange, schillernde Kleider gehüllt, tanzten in den Vollmondnächten auf dem Wasser zu einer leichten, harmonischen Musik.

Flora-Lyse, die Feenkönigin, regierte über dieses zauberhafte Land.

       
Or, un jour que tout ce petit monde s'ébattait joyeusement, une biche survient, hors d'haleine.
- Alerte! Les forêts vont s'ouvrir et les hommes envahiront votre royaume! Aussitôt on l'entoure. Les questions pleuvent:
- Quand? - Comment? - Pourquoi? - Les hommes, merci ! On se passe de leur société! La reine Flora lyse saura bien lancer aux alentours des sortilèges qui empêcheront leur intrusion! Toutefois, elle, qui vient de discourir longuement avec la biche, secoue gravement la tête. Non, aucune magie ne pourra agir en l'occurrence: ceux qui projettent de venir dans la vallée sont des moines. Dieu les protège.
 

Eines Tages, als das gesamte kleine Volk fröhlich umhertollte, sprang ein Reh herbei, ganz ausser Atem.

- ALARM! Die Wälder werden sich öffnen und die Menschen werden in unser Land eindringen!

Alle kamen herbei und stellten tausend Fragen: Wann? Wie? Warum? Die Menschen, nein danke! Wir wollen ihre Gesellschaft nicht! Die Königin Flora-Lyse weiss doch sicher einen Zauber, der ihr Eindringen verhindert! Das Reh, welches lange mit der Königin gesprochen hatte, schüttelte traurig den Kopf. - Nein, kein Zauber kann sie davon abhalten. Diejenigen, die hier ins Tal kommen sind Mönche, Gott beschützt sie.

     
- Dans ce cas, remarque Prunet, l'elfe aux ailes violettes, ils ne nous feront pas de mal! - Non, certainement pas, admet la reine. Mais en abattant une partie des forêts, ils ouvriront un passage aux vents et à l'hiver pénétrera derrière eux. Puis, peu à peu, d’autres hommes viendront et s'établiront sur nos rives. qu'allons-nous devenir? disent les elfes en s'asseyant par terre, prêts à pleurer.
- Ne commencez pas à pleurnicher, protestent Luciole et Myrtille, les fées qui vivent à la lisière des bois. Si les hommes sont vraiment trop rudes pour le petit peuple que nous sommes, nous nous retirerons au fond du lac, voilà tout! Qu'en pense notre gracieuse souveraine?
 

- In diesem Fall, meinte Prunet, der Elf mit den violetten Flügeln, werden sie uns nichts tun!

- Nein, sicher nicht, sagte die Königin. Aber wenn sie einen Teil des Waldes abholzen, bahnen sie dem Wind einen Weg und dann bricht der Winter herein. Und nach und nach werden andere Menschen kommen und sich am Seeufer ansiedeln.

Was wird nur aus uns werden, fragten die Elfen niedergeschmettert und den Tränen nah.

- Jetzt hört auf zu jammern, riefen Luciole und Myrtille, die beiden Feen, die am Waldrand wohnten. Wenn die Menschen wirklich zu rauh für unser kleines Volk sind, ziehen wir uns auf den Seeboden zurück, so machen wir das! Was denkt unsere Königin darüber?

     

- La première chose à faire, décide Floralyse, en dressant fièrement sa tête mignonne couronnée de fleurs d'or, est d'envoyer des messagers qui, à leur insu, observeront les hommes s'apprêtant à envahir notre vallée. S'ils se révèlent moins frustes que nous le supposons, il y aura peut-être possibilité de communiquer avec eux.

- Et si ce sont des rustres? interroge Liseron, le fragile elfe bleu à la voix cristalline.

- Dans ce cas, comme l'ont dit Luciole et Myrtille, il faudra nous résoudre à disparaître dans les demeures souterraines où nous créerons un palais qui abritera fleurs rares, insectes trop fragiles, oiseaux et animaux désirant nous accompagner dans notre exil.

 

- Als erstes, entscheidet Flora-Lyse, indem sie stolz ihren hübschen Kopf mit der goldenen Blumenkrone hebt, werden wir Boten ausschicken um die Menschen zu beobachten, die in unser Tal kommen wollen.. Wenn sie sich als weniger ungeschliffen erweisen, als wir denken, können wir vielleicht mit ihnen kommunizieren.

- Und wenn sie doch ungeschliffen sind. fragt Liseron, der zarte Elf mit der kristallenen Stimme.

- In diesem Fall, wie es Luciole und Myrtille schon gesagt haben, müssen wir uns wohl entscheiden, uns in unterirdische Behausungen zurückzuziehen, wo wir uns einen Palast bauen werden, der seltenen Blumen, empfindlichen Insekten, Vögeln und anderen Tieren Schutz bieten, die uns in unser Exil begleiten möchten.

 

 

 

Sans tarder davantage, le petit peuple commence ses investigations. Liseron et Prunet, les plus hardis parmi les elfes, se proposent comme observateurs. L'un quitte la vallée guidé par un rouge-gorge, l'autre s'en va dans la direction opposée, accompagné d'une abeille expérimentée.


Ils reparaissent le lendemain, épuisés de fatigue et stupéfaits de ce qu'ils ont vu et entendu. Elfes et fées les écoutent, consternés, tandis qu'ils présentent leurs rapports à la reine Floralyse.
- Hélas! Majesté, annonce Prunet, à mon avis, nous ne pouvons cohabiter avec les hommes. Jamais ils ne nous comprendront. Ils ne savent ni voir, ni entendre ce que la nature leur dispense, et cherchent le bonheur je ne sais où, sans remarquer toutes les joies qu'ils ont à leur portée.

- J'ai chanté pour eux mes plus douces mélodies, se désole Liseron, personne n'y a pris garde.

- J'ai dansé dans un rayon de lune et nul ne l'a remarqué, s'indigne Prunet.

Comment est-ce possible! murmurent tous les assistants. En êtes-vous sûrs ?

 

Ohne noch länger zu warten, begann das klein Volk mit seinen Nachforschungen. Liseron und Prunet, die kühnsten der Elfen, meldeten sich als Beobachter. Der Eine verliess das Tal geführt von einem Rotkehlchen, der Andere flog in die entgegengesetzte Richtung, begleitet von einer erfahrenen Biene.

Als sie am nächsten Tag wiederkamen, waren sie total erschöpft und entsetzt, über das, was sie gehört und gesehen hatten. Elfen und Feen hörten bestürzt zu, als sie der Königin Flora-Lyse Bericht erstatteten.

- Ach! Ihre Majestät, meiner Meinung nach können wir nicht mit den Menschen zusammenleben, verkündete Prunet. Sie werden uns niemals verstehen können! Sie können weder sehen noch hören, was die Natur Ihnen bietet. Sie suchen ihr Glück weiss nicht wo, ohne zu bemerken, welche Freuden sie ganz nah bei sich haben!

- Ich habe für sie meine schönsten Lieder gesungen, keiner ist darauf aufmerksam geworden, bedauert Liseron.

- Ich habe im Mondschein getanzt, niemand hat es bemerkt, empört sich Prunet.

Wie ist das nur möglich? murmeln alle Anwesenden. Seid Ihr sicher?

 

- Je crois, dit alors la reine Floralyse, que ces faits sont tristement exacts. Toutefois, avant de prendre une décision, je vais tenter quelques expériences et me rendre en personne sur les lieux. Que l'on amène mon char volant!
Anxieux, le petit peuple voit s'éloigner sa souveraine, dans un pétale de rose traîné par des libellules. Heureusement, elle ne tarde pas à reparaître.

 

 

- Ich denke, es stimmt was sie sagen, antwortet Flora-Lyse. Dennoch, bevor eine endgültige Entscheidung getroffen wird, werde ich noch einen Versuch unternehmen und mich persönlich zu den Menschen begeben. Bringt mir meine fliegende Kutsche!

Sorgenvoll sah das kleine Volk, wie seine Herrscherin auf einem Rosenblatt von Libellen gezogen, davonflog. Glücklicherweise kam sie schnell zurück.

 

 

 

 

- Non, crie-t-elle avant même d'atterrir, ne nous mêlons pas à de pareilles gens. J'ai fait éclore pour eux des fleurettes exquises et ils les ont foulées aux pieds. Vite, au travail, quittons la surface de la terre!

Lorsque les hommes arrivèrent à la vallée qu'ils nommèrent « Joux » à cause de ses forêts, le petit peuple vivait heureux dans un palais souterrain dont on voit toujours les orifices. Le rocher qui émerge parfois dans le lac n'est autre que le sommet de sa tour".

Légende vaudoise recueillie par Huguette Chausson

Publiée en 1955  dans "Les belles légendes suisses" édition Nestlé, Peter, Cailler, Kohler 

 

 

 

 

- Nein, rief sie noch bevor sie landete, wir werden uns nicht unter solche Leute mischen! Ich habe für sie wunderschöne Blumen erblühen lassen, und sie haben sie mit ihren Füssen zertreten! Schnell, an die Arbeit, wir verlassen die Erde!

Als die Manschen ins Tal kommen, nennen sie es „Joux“, wegen seines dichten Waldes. Seitdem lebt das kleine Volk glücklich in einem unterirdischen Palast, von dem man noch heute sehen kann, wo er sich befindet. Der Fels, der manchmal aus dem See auftaucht, ist nichts anderes als seine Turmspitze. 

Waadländische Legende gesammelt von Huguette Chausson

Veröffentlicht 1955 in „Les belles legendes suisses“